les créations antérieures


extermination du peuple




Texte de Werner Schwab

Mise en scène collective sous la responsabilité de Marie Charlotte Biais

Comédiens / Marionnettistes
Victor Costa-Andres
Odile Grosset-Grange
Delphine Lamand
Lisa Pajon ou Isabelle Florido
Carles Romero-Vidal
Vincent Macaigne
Jeanne Videau

Costumes
Stéphanie Coudert

Scénographie
Pauline Biais

Création Films d’animation
régie son/lumière

Erwan Tassel

Musique
Yoan Loustalot, Bertrand Noel


Spectacle créé dans le cadre du Jeune Théâtre National en 2000, et repris au Théâtre du Soleil dans le cadre du festival "Premiers Pas" en 2001.


L'AUTEUR


La motivation de base n’est pas de raconter une histoire, car toutes les histoires ont été racontées. C’est la douleur qui est importante. Ce qui compte, c’est d’essayer à nouveau le chemin entre ce qui est exprimé et ce qui devrait être exprimé.

— W. Schwab




Chez Schwab, la mince pellicule de civilisation se détache des personnages et leur vraie nature surgit...”Ils sont confrontés au monde qui les entoure par le langage, un langage totalement artificiel. Et l’impuissance de ce langage est l’expression de leur échec et donne forme esthétique à l’auto-aliénation.

Quand nous entendons les personnages parler d’eux-mêmes comme s’ils étaient des objets, des concepts, des clichés, des fonctions; quand on s’est débarrassé des noms propres; quand toute forme de conversation “humaine” est radicalement déshumanisée; quand un certain nombre de personnages _et attention! des personnages humains_ se retrouvent ensembles dans un espace et que nous ne remarquons que des objets, jacassant et caquetant, ce qui nous frappe le plus, c’est qu’il s’agit sans doute de nos semblables.

— T. Klein


UNE COMEDIE RADICALE...


Dans la solitude d’”un immeuble de rapports”...
Madame Pestefeu: “C’est effroyablement sonore. Côté sonore, l’immeuble tout entier est lamentable. Le monde entier suppôt du bruit est insupportablement sonore. Le bruit est la cause mortelle véritable de toute pensée. On perçoit vos bruits et on cesse de penser. On commence à souffrir.” Acte 1

...

Elle boit

...

“On met à mal son foie en vue d’une supportabilité. On boit pour entrer dedans une compréhension. Mon foie a été vain. Mon foie n’a pas de sens.” Acte 3


L'OBJET


Schwab nous dévoile ses personnages cruement, dans leur intimité, dans leur quotidien; et pour leur rendre toute l’ absurdité, toutes les carences de leurs vies; pour que théâtralement leur vide prenne l’ ampleur qui lui est du, pour que le manque ne soit pas inscrit dans une normalité; il leur crée une langue propre; sinueuse comme leur pensée, pleine d’ artifices comme l’ identité qu’ ils se créent, une langue charnelle pour des êtres de pulsions.
Trouver le corps théâtral propre à cette langue.
Lui rendre sa singularité.