cycle — mondialisation


présentation du cycle
mondialisation




Enfant des années 80

Longtemps j’ai été le centre douloureux du monde. Toutes mes chances de « devenir » étaient entre mes mains, tous mes échecs étaient de mon exclusive responsabilité. Écartelé entre un idéal inaccessible et une culpabilité blessante, j’ai nourri de la colère. J’en ai été, globalement, la première cible.
Fatigué d’arpenter les sentiers d’un labyrinthe clos, et observant au delà des dysfonctionnements disqualifiant l’adage « tu as ce que tu mérites », je me suis progressivement et prudemment aventuré dans le périmètre très « réservé » de la politique économique.
Ma colère n’a pas dégorgé. Mais elle est aujourd’hui orientée. Sur un autre objet que moi.

Je lis : "Le fatalisme des lois économiques masque en réalité une politique, mais tout à fait paradoxale, puisqu’il s’agit d’une politique de dépolitisation ; une politique qui vise à conférer une emprise fatale aux forces économiques en les libérant de tout contrôle et de toute contrainte en même temps qu’obtenir la soumission des gouvernements et des citoyens aux forces économiques et sociales ainsi libérées."
Et plus loin :
"Le néo-libéralisme est pareil au sida : il détruit le système immunitaire de ses victimes."
Pierre Bourdieu.

Ces lectures, ces films, ces échanges, au-delà de m’apporter un réconfort, me décentrent et par là me soulagent, me dynamisent mais surtout, font germer en moi une forme d’espoir. Ils réintroduisent l’idée que « la marge, l’exclusion, l’échec » ne sont pas des phénomènes logiques ou encore naturels, mais bien les produits d’une construction, d’une pensée. Ils me laissent imaginer qu’en m’émancipant de ses insidieuses « valeurs » je pourrai échapper à l’autodestruction qui me menace, moi, comme tous mes congénères.

Transmettre
Le cycle Mondialisation ne prétend pas résoudre les trop nombreuses équations que posent aujourd’hui le monde globalisé, mais tente, en tous cas, d’y sensibiliser le plus grand nombre, et plus particulièrement les adolescents.

Il tente d’éclairer les problématiques individuelles à la lumière du contexte global, s’efforçant constamment à réintroduire l’individu dans sa société, dans son histoire.
Les formes proposées dans ce cycle ont pour objectif commun de véhiculer de l’information, d’aiguiser l’esprit critique, d’éveiller une conscience citoyenne et politique.

Rencontres et ateliers
Ce cycle propose d’augmenter les formes spectaculaires de rencontres, conférences et ateliers afin d’ancrer la part sensible convoquée par les fictions, dans le réel, d’offrir une tribune à tous ceux qui sont maintenus sous le sceau « minoritaire » et qui travaillent à dégager des modes de pensées et d’actions alternatives, d’ouvrir des champs d’initiatives possibles.

« La seule réponse que l’humanité puisse donner à la mort, au fanatisme et au bâclage reste hélas l’ingérence de la conscience humaine dans les affaires intérieures du monde, à condition bien entendu que cette nouvelle conscience assure la promotion et le respect absolu de ce qui nous rapproche fondamentalement : notre différence ».
Sony Labou Tansi

PROPOSITIONS DU CYCLE MONDIALISATION

1- Les Maîtres du Monde, spectacle politico-satirique pour acteurs et marionnettes, très librement inspiré de l’œuvre de Jean Ziegler.

Le projet s'appuie sur un essai de Jean Ziegler (sociologue et rapporteur à l'ONU pour le droit à l’alimentation de 2000 à 2008) intitulé "Les Nouveaux Maîtres du monde".
Cet essai dissèque avec une grande clarté le système politico-économique dans lequel nous évoluons; tout est mis à plat et donne au monde un peu plus de transparence.

Ici, il s'agit de faire un brossage synthétique et cocasse de l'histoire mondiale depuis les colonies à nos jours afin de "tirer le portrait de la mondialisation" à la façon d'un dessin de presse satirique. Donner des outils à nos cadets pour un déchiffrage du monde contemporain, compléter la lecture de l’histoire et des sciences sociales apportées dans le cadre de l’école, par une mise en perspective de ces informations dans l’actualité, et plus encore, dans leur quotidien.
De transmettre.
Par l’émotion,
par l’effroi,
par le rire.

2- Ateliers « Art pour grandir » en partenariat avec le Théâtre aux Mains Nues, le Théâtre du Mouffetard et la Mairie de Paris.

Une approche de la théâtralité

- L’absurde :

Définition (http://fr.wikipedia.org/wiki/Absurde):
L'absurde est un décalage entre l'attente de l'homme et l'expérience qu'il fait du monde, dans quelque domaine de l'activité humaine qu'il s'exprime. Il résulte donc de la contradiction d'un système par le fait.

Il n’y a pas de terme plus juste à qualifier le travail de démystification du système capitaliste auquel s’attèle Jean Ziegler.
Il met en parallèle deux dimensions : celle qui s’exprime au travers des concepts politiques et économiques et celle qui s’éprouve dans les corps, les lieux, prisonniers du temps présent, de la réalité. Une dimension purement intellectuelle, une autre organique. La superposition de ces deux dimensions contient intrinsèquement un potentiel tragi-comique imparable.
C’est par là donc que nous construirons une poétique de l’absurde.

- L’objet et la marionnette :

Comme dans une certaine forme de théâtre de Guignol de répertoire, le théâtre de marionnette a une vocation d’exutoire ; il est l’expression d’une incohérence, d’une injustice, génératrice de colère et/ou d’incompréhension. Il exagère les rapports d’échelle, le geste, l’expression verbale. Il rééquilibre par le biais de la fiction et du fantasme, les rapports de force inéquitables. Par là, il soulage, met à distance une certaine violence sociale, autorise le rire, permet le partage, définit des limites. Il a pour vocation l’éveil d’une conscience politique.