cycle — des identités

karnaval


Spectacle fragmenté pour une interprète, musique et vidéo


CRÉATION SAISON 2019/20

Distribution

Marie Charlotte Biais, auteur et interprète
Jeanne Videau, collaboratrice artistique
Sophie Lambert, chorégraphe
Tezzer, plasticien styliste
Jen-Christophe Camps, musicien
Jérémie Scheidler, vidéaste


Partenaires (en cours de production)

Production : La Controverse
Accueil en résidence : Le Collectif 12 à Mantes la Jolie, L’Usine à Eragny, La Ferme du Buisson à Noisiel, L’Annexe à Romainville
Diffusion : Théâtre du Grand-Rond, Toulouse ; L'Annexe à Romainville; festivals en cours de négociations...
Spectacle soutenu par l'Annexe.


Calendrier

Saison 19|20
du 24 au 28 Mars : Théâtre du Grand Rond à Toulouse
du 11 au 13 Juin : Annexe à Romainville
festivals à valider...


Contacts

Artistique : Marie Charlotte Biais | 06 20 89 27 66 | marottebiais[at]gmail.com


Il s'agit d'un solo augmenté par de la vidéo, un solo conçu comme le lieu d'une performance d'actrice. J'utilise le terme de performance pour définir une forme et un processus. J'ai écrit le texte comme un délire, sur la base d'éléments autobiographiques; il y a quelque chose de l'ordre de la mise à l'épreuve, d'un désir de dépassement, d'un besoin de dépense.


Une femme vit dans la banlieue d’une métropole. Elle rencontre un homme. Sans papier. Dont elle tombe amoureuse. La disparition brutale de cet homme déclenche chez elle une crise cathartique mettant en jeu les truismes d’une société capitaliste cannibale.
Tiraillée constamment entre un modèle social qui vante l’ordre et la logique, et une expérience sensible plus trouble, le personnage oscille et emprunte différentes voix, toujours les siennes, soumises à la peur ou à l’amour, à la fantaisie, abandonnées à la rêverie, ou s’accrochant à l’analyse et à la raison. Quelle que soit l’orientation, le pivot de ses mouvements reste constamment l’Imaginaire dans ce qu’il représente de pouvoir subversif, de pouvoir de cohésion mais aussi de législation, de domination et de répression.
Elle renverse son monde. C’est Karnaval.
Sortie de ce rituel d’émancipation, elle découvre qu’elle est enceinte…
Affranchie désormais, elle recompose un paysage ouvert à l’arrivée de ce nouvel être.
La présence fantomatique d’une nature oubliée reste ici la seule alternative offerte au personnage, comme l’hypothétique siège de la beauté, d’un rapport au vivant non vertical.




« (…) Car n'est-ce-pas le mythe de la dignité exclusive de la nature humaine qui a fait essuyer à la nature elle-même une première mutilation, dont devraient inévitablement s'ensuivre d'autres mutilations ? On a commencé par couper l'homme de la nature, et par le constituer en règne souverain ; on a cru ainsi effacer son caractère le plus irrécusable, à savoir qu'il est d'abord un être vivant. Et en restant aveugle à cette propriété commune, on a donné champ libre à tous les abus. Jamais mieux qu'au terme des quatre derniers siècles de son histoire l'homme occidental ne put-il comprendre qu'en s'arrogeant le droit de séparer radicalement l'humanité de l'animalité, en accordant à l'une tout ce qu'il refusait à l'autre, il ouvrait un cercle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d'autres hommes, et à revendiquer au profit de minorités toujours plus restreintes le privilège d'un humanisme corrompu aussitôt né pour avoir emprunté à l'amour-propre son principe et sa notion. »
Anthropologie structurale, Claude Lévi-Strauss