cycle — des identités

karnaval


Spectacle pour une interprète et un musicien


CRÉATION SAISON 2019/20 INTÉGRALEMENT REPORTÉE SUR LA SAISON 2020/21

Distribution

Marie Charlotte Biais, écriture, mise en scène et jeu
Jean-Kristoff Camps, création et interprétation musicale
Louna Guillot, création lumière et régie générale
Jeanne Videau, mise en scène
Sophie Lambert, travail corporel
Hilo, costume
Mathieu Montanier, Clara Chabalier, regards extérieurs
Céline Astrié, Fleur Sulmont, Fred Naud, accompagnement dans l’écriture


Merci à Dieudonné Niangouna pour ses récits



Partenaires

Production : La Controverse

Coproduction : Le Théâtre de l'Usine/ Eragny
Accueil en résidence : Le Collectif 12 à Mantes la Jolie, L’Usine à Eragny, La Ferme du Buisson à Noisiel, L’Annexe à Romainville, Le Point Ephémère à Paris, Les Thénardiers à Montreuil, Mixart Myrys à Toulouse, La Pierre Noire à Champagnac
Diffusion : Théâtre du Grand-Rond, Toulouse ; L'Annexe à Romainville ;Le Point Ephémère dans le cadre du Festival FOCUS # 13 à Paris (annulé), Le Collectif 12 à Mantes La Jolie, La Pierre Noire à Champagnac, les Thénardiers à Montreuil, Le Festival Induction à Samonac
Spectacle soutenu par l'Annexe.


Spectacle ayant reçu l'aide à la diffusion de la Région Ile-de-France.


Calendrier intégralement reporté sur la saison 20/21

2020
Le 04 Septembre : création dans le cadre du festival Induction à Samonac (reporté à l'édition 2021)
Les 19, 20 et 21 Novembre: création à l'Annexe de Romainville (reporté à l'automne 2021)
Du 01 au 05 Décembre: au Théâtre du Grand Rond à Toulouse (reporté à l'automne 2021)


Le 17 Décembre à 14 heures: au Théâtre de l'Usine à Eragny


2021 en cours :
Le 18 Mai: au Collectif 12 à Mantes-la-Jolie
Le 23 Mai: à la Fourmilère à Couffouleux


Contacts

Artistique : Marie Charlotte Biais | 06 20 89 27 66 | marottebiais[at]gmail.com


Le Carnaval est une période festive qui permet d’inverser et de renverser les rapports et les ordres établis, il est l’espace d’un règlement de comptes fictionnel entre dominés et dominants. Il tente à travers un rite chaotique traversé par les morts et les mémoires, de regarder l’histoire en face. En organisant la confusion sociale, et invitant à l’orgie, il dessine licencieusement une cosmogonie émancipée de ses dogmes.

Travailler dans la démesure à révéler ce qu’il y a de beau et de révoltant dans les mécanismes d’organisation sociale, c’est ce à quoi la compagnie oeuvre depuis sa création. C’est à travers les yeux d’une femme amoureuse que Karnaval ici déconstruit joyeusement les archétypes qui fondent notre rapport à l’autre…

Une femme vit dans la banlieue d’une métropole. Elle rencontre un homme. Sans papier. Dont elle tombe amoureuse. Alors qu’elle apprend qu’elle est enceinte, la disparition brutale de cet homme fait basculer sa réalité dans un monde onirique dans lequel les archétypes d’une société capitaliste cannibale sont remis en jeu. Son monde est renversé. C’est Karnaval. Une femme seule donc, sur un plateau nu. Par le prisme de l’idéologie coloniale dont elle est indirectement l’héritière, elle interroge l’échelle de valeur qui régit ses relations aux autres, aux étrangers et par extension à tous les êtres vivants. La présence fantomatique d’une nature oubliée se révèle progressivement comme l’alternative offerte au personnage : le siège de la beauté, le lieu d’un rapport au vivant non vertical.

Karnaval est un portrait sous forme de puzzle, au discours fragmenté pour aborder le rapport à l’étranger, à l’autre comme à soi.

Karnaval est une réponse sensible et organique aux injonctions contradictoires d’une société qui prône des valeurs de fraternité mais organise une « politique du repli sur soi ».

Remerciements Alizée Russo, Sébastien Bouhana, Léandre Garcia Lamolla et Le Labo de Montreuil, Sylvain Blanchard et les Thénardiers, Fleur Sulmont, Fred Naud, Céline Astrié, Mathieu Montanier, Clara Chabalier, Claire Rassinoux, Yannick Herbert, Jérémie Scheidler, Marie Cassal, Ioanna Brassart l'indispensable…



« (…) Car n'est-ce-pas le mythe de la dignité exclusive de la nature humaine qui a fait essuyer à la nature elle-même une première mutilation, dont devraient inévitablement s'ensuivre d'autres mutilations ? On a commencé par couper l'homme de la nature, et par le constituer en règne souverain ; on a cru ainsi effacer son caractère le plus irrécusable, à savoir qu'il est d'abord un être vivant. Et en restant aveugle à cette propriété commune, on a donné champ libre à tous les abus. Jamais mieux qu'au terme des quatre derniers siècles de son histoire l'homme occidental ne put-il comprendre qu'en s'arrogeant le droit de séparer radicalement l'humanité de l'animalité, en accordant à l'une tout ce qu'il refusait à l'autre, il ouvrait un cercle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d'autres hommes, et à revendiquer au profit de minorités toujours plus restreintes le privilège d'un humanisme corrompu aussitôt né pour avoir emprunté à l'amour-propre son principe et sa notion. »
Anthropologie structurale, Claude Lévi-Strauss