constellation — les collaborateurs proches de la compagnie


feuille
jeanne videau & sébastien bouhana




Le duo :


Jeanne Videau, comédienne, sur la base de la lecture, laisse flotter sa voix à travers le chant, le bruit, le souffle, ou encore l'incarnation. Parfois éloquente parfois ténue, elle utilise une amplification afin d'explorer toutes les nuances de sa voix, laissant à son partenaire la liberté de son amplitude.

Sébastien Bouhana, musicien, développe avec ses instruments (caisse-claire, scie musicale, magnétophone à cassettes...) un langage sonore à l'expression sensuelle, éclatante, grinçante, sifflante, tour à tour en résonance, en contraste, ou en réaction à sa partenaire.
Ensemble, ils mêlent le sens des mots et celui des sons en une seule et même voix.

Ce duo délicat, puzzle de mots et de frottements, est à l’écoute des profondeurs.

— Festival PLI 2015




Extraits sonores :


FEUILLE | FRED NAUD | JACKIE | live @ le charbon | octobre 2015 | extrait 1'37

FEUILLE | SONY LABOU TANSI | PRIÈRE | 05'20




Genèse :


Eté 2012, nous découvrons les prémices de ce qui deviendra le texte de Jackie, écrit par Fred Naud.
Nous nous amusons alors à improviser sur ces textes.
La joie de cette séance reste en suspend pendant presque trois ans.
En décembre 2014, en participant à la onzième édition du festival Mantsina sur seine au Congo Brazzaville (Dieudonné Niangouna, Sylvie Dyclo-Pomos, tous deux auteurs, metteurs en scène et co-directeurs du festival), nous pénétrons le pays d'origine des mots de Sony Labou Tansi (écrivain, poète et auteur de théâtre congolais mort en 1995), et côtoyons certains des héritiers de son oeuvre.
Il naît de ce voyage singulier un désir très fort de faire entendre ces mots.
C'est en avril 2015 que nait à travers ces deux auteurs le duo feuille.



Les formes :


Présenter dans un dispositif scénique des plus minimaliste (Jeanne videau debout derrière son micro et Sébastien Bouhana assis derrière sa caisse claire), une forme courte par auteur.
L’objectif étant de multiplier les formes suivant les envies, les découvertes et les suggestions, au fur et à mesure que le duo chemine.

Deux formes sont déjà créées :
1. Sony Labou Tansi. Nous avons puisé dans le répertoire poétique de l'auteur quelques textes se faisant échos.
2. Fred Naud. Le personnage de « Jackie » exprime à travers de petits textes courts, son point de vue sur le monde sans artifice ni barrière, en toute liberté, en toute naïveté.

Sony Labou Tansi avec toute sa rage et Fred Naud avec toute sa tendresse se font écho dans la folie qui résonne de leurs écritures.




Sur les auteurs :


Fred Naud
auteur-conteur. Adolescent, il voulait être écrivain. Dans sa chambre, il imitait Hugo, Rimbaud et Saint Pol Roux, mal. Il a gardé un cahier plein de poèmes inachevés, d’un seul alexandrin chacun. Un samedi, il reçoit une lettre de sa grand-mère. Sur un papier publicitaire, elle a écrit dans tous les coins un patchwork de phrases, passant d’un sujet à l’autre. C’est son habitude. Ce jour-là, Frédéric la lis et trouve ça beau. Énervant, mais beau. C’est en l’imitant qu'il a écris son premier texte de Jackie.

Sony Labou Tansi
Né en juin 1947 au Congo belge (actuelle république démocratique du Congo) et alphabétisé en kikongo (langue nationale), il part à l’âge de huit ans au Congo français (actuel Congo-Brazzaville) pour poursuivre sa scolarité en français cette fois. Langue qu’il s’approprie très vite puisqu’il écrit à quatorze ans un premier roman déjà remarqué au Seuil. Diplômé de l’École nationale supérieure de Brazzaville en 1971, il devient professeur de français et d’anglais ; les multiples activités culturelles qu’il mène alors le rendent déjà suspect de « délinquance idéologique » de la part des autorités marxistes en place. En 1979, la première publication d’un roman au Seuil lui assure le renom et le révèle à l’institution littéraire francophone comme un auteur majeur dans les nouvelles écritures africaines. En même temps, il fonde le Rocado Zulu Théâtre, une compagnie qui sera régulièrement invitée à des festivals internationaux, notamment aux Francophonies de Limoges. En 1989, il s’engage activement dans la vie politique de son pays (il est élu député). Il meurt à Brazzaville le 14 juin 1995, laissant une œuvre abondante et visionnaire, éclatant en tous genres : des nouvelles, six romans édités au Seuil, une douzaine de pièces de théâtre, trois recueils de poèmes publiés à titre posthume, d’innombrables interventions dispersées dans les médias, sans compter les inédits en péril…
 
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festival Mantsina sur Scène 2015 | Brazzaville